La réponse combat-fuite et ses alternatives


La réponse combat-fuite (flight-or-fight) a été inventée par Walter Bradford Cannon, un physiologiste américain, professeur de l’université de Harvard, il l’explique dans ses ouvrages Bodily Changes in Pain, Hunger, Fear and Rage [1] publié en 1929 et The Wisdom of the Body, publié en 1932.

Cannon a mis en évidence qu’en cas de situation d’urgence, de danger, que cela soit physique ou psychologique, le corps libère l’hormone de l’adrénaline dans la circulation sanguine. L’adrénaline exerce plusieurs effets sur le corps (voir partie A propos de la peur ci-dessous) qui lui permettent de se mettre en action : combattre ou fuir. [2]

La réponse combat-fuite est à envisager dans tout type de situation de danger, on parle aussi de reaction aiguë au stress. Les situations peuvent donc être très variées : une agression dans la rue par un inconnu, un incendie dans une cuisine, une prise de parole en public devant de nombreuses personnes… etc… Dans cet article, on s’intéressera aux réponses face à une situation d’agression.

 

A propos de la peur

« La peur est une réaction de défense sans laquelle nous serions morts depuis longtemps. » Konstantin Komarov [3]

La peur est une émotion ressentie en cas de danger ou de menace. C’est une réaction naturelle qui nous permet d’anticiper le danger ou la menace et d’y faire face en choisissant une solution appropriée, d’après Cannon : combattre ou fuir.

Selon la théorie du cerveau triunique, c’est dans le système limbique, plus particulièrement l’amygdale, que se détecte le danger par l’intermédiaire de nos sens et que la peur est engendrée. S’en suit une impulsion du cerveau dit « reptilien », pour que le système nerveux sympathique (une sous-partie du système nerveux autonome responsable de certaines actions du corps indépendantes de la volonté) mobilise le corps pour répondre au danger imminent, notamment par la décharge d’adrénaline qui prépare le corps à l’action [4]. La théorie du cerveau triunique avancée par Paul MacLean en 1949 dans The Theory of the Triune Brain a depuis été critiquée par un bon nombre de scientifiques. [5]

La peur et ses effets physiologiques ont été cristallisés dans des époques très lointaines, où la survie était une affaire quotidienne. Même si une attaque d’un tigre à dent de sabre au paléolithique est difficilement comparable à une agression de rue contemporaine, les mécanismes de la peur nous conditionnent encore aujourd’hui de la même manière dans toutes les situations de stress extrême.

Il avait quand même pas froid aux yeux ce Rahan !! Source : magazine Pif Gadget de 1971 vu sur bedetheque.com

Voyons avec précisions les effets de la peur sur le corps [6] :

  • l’accélération du rythme cardiaque et de la fréquence respiratoire. Le corps se prépare à se mettre en mouvement, il faut plus de sang dans l’organisme pour oxygéner les muscles responsables de l’action, combattre ou fuir.
  • le tremblement des jambes (et éventuellement d’autres membres) : en mode combat/fuite, le sang s’amoindrit dans les zones du corps non-vitales et se concentre d’avantage dans les zones du corps utiles pour l’action, d’où le tremblement incontrôlable des jambes.
  • la voix tremblante et l’élocution difficile. En mode combat/fuite, le langage n’est pas utile. Le cortex, partie du cerveau responsable du traitement du langage, est donc moins irrigué en sang et cela affecte le fonctionnement du langage.
  • la vision du tunnel. La vision périphérique diminue car l’oeil se concentre sur son objectif. Le champ de vision est donc nettement réduit.
  • l’exclusion auditive. Tout comme l’oeil, l’oreille se focalise sur son objectif, les bruits périphériques sont atténués, voir coupés.
  • les mains moites, les sueurs froides, la transpiration en général. Le corps chauffe car il se prépare à l’action, la transpiration veille à réguler la température du corps. Cela peut donc entrainer les effets d’une transpiration abondante : rougeurs, bouche sèche et pâteuse, odeur de transpiration…
  • le ralentissement ou l’arrêt de la digestion et la nausée ou les vomissements. La processus de digestion consomme de l’énergie, d’où le ralentissement ou l’arrêt de la digestion. Les aliments dans l’estomac représentent un poids inutile et encombrant pour combattre ou fuir, d’où la nausée voir les vomissements.
  • la perte d’urine ou de selle. Dans la même logique que les vomissements ; le corps décharge ce qui l’encombre pour combattre ou fuir. Une deuxième hypothèse peut expliquer ce phénomène (voir ci-dessous).

En cas de peur extrême, la terreur, la réponse combat/fuite ne pouvant pas être exécutée, le corps opte pour des stratégies différentes : la catalepsie, ou »gel », et le mimétisme de mort.

La catalepsie, qui se caractérise par une perte de la motricité volontaire et une rigidité musculaire, la personne est alors immobile comme une statue d’où le terme « gel », peut s’expliquer par le fait que l’oeil du prédateur est attiré par le mouvement. S’immobiliser permettrait de tromper l’oeil du prédateur et de ne pas attirer l’attention sur soi.

Le mimétisme de mort laisse penser au prédateur que sa proie est morte, il est donc inutile pour lui de poursuivre son attaque. Ces réactions extrêmes avaient bien sûr plus de sens face à un prédateur carnivore, il y a plusieurs milliers d’années.

D’autres phénomènes accompagnent cet état de terreur :

  • l’inhibition, la distorsion ou la perte de la mémoire. Face à une menace et une peur extrême, il est parfois nécessaire de protéger son intégrité psychique. Faire abstraction en partie ou totalement de l’évènement, est un mécanisme de défense qui permet de prévenir de troubles post-traumatiques.
  • la perte d’urine ou de selle (hypothèse 2). Un corps mort n’est plus sous tension musculaire, tous les muscles se relâchent mêmes ceux qui permettent de retenir les urines et les selles. Qui plus est, ce simulacre de mort peut décourager le prédateur qui refuserait de manger un corps en état de putréfaction.
  • la perte de connaissance. Un malaise vagal peut intervenir en cas de peur extrême. Deux conséquences : pendant toute la durée de la syncope il n’y aura aucune mémoire de l’évènement et gisant au sol, souvent de couleur très pâle, cela évoque le mimétisme de mort.

 

En résumé, la peur déclenche une décharge d’adrénaline dans le corps qui permet de passer à l’action selon une des deux réponses : combattre ou fuir. Les effets positif de l’adrénaline sont de gagner en vitesse et puissance. Ceci implique alors une action de la victime, se battre ou s’enfuir. Si malgré tout, la victime reste passive, la panic s’installe et les effets de l’adrénaline vont devenir néfastes et contre-productifs. [7]

Voyons à présent les réponses combat et fuite dans le cadre d’une situation d’agression.

 

Le combat

Cette réponse est l’objet de toutes les disciplines martiales ; les art martiaux, les sports de combat et les méthodes d’auto-défense (self-defense). Toutefois, la réalité d’une agression et bien différente d’un contexte sportif. Très souvent dans une situation d’agression, combattre n’est pas un choix, mais une nécessité. C’est dans ce sens que les méthodes d’auto-défense sont enseignées ; un partenaire joue le rôle de l’agresseur et lance une attaque, l’autre partenaire, dans le rôle de la victime, répond par une défense ou une contre-attaque appropriée qui se veut décisive. Le combat est envisagée de manière asymétrique, par un assaut foudroyant qui ne laisse pas le temps à l’agresseur d’organiser ses attaques.  Les techniques utilisées visent à frapper les points faibles du corps car l’objectif est de stopper l’agression le plus rapidement possible. Lorsqu’une ouverture est envisageable, la fuite devient alors (à nouveau) possible.

 

La fuite

Cette réponse implique la mobilité, le déplacement. Elle implique aussi une prise d’initiative en amont de l’agression. Dans le monde animal, une fuite trop tardive de la proie est souvent sanctionnée par la mise à mort du prédateur.  Dans une situation d’agression, il peut en être autrement, la fuite peut aussi s’envisager une fois l’affrontement engagé.

De manière général, la fuite sera toujours préférable au combat. Eviter le conflit, « Fuir avant tout » est le premier des dix concepts de base dans Protegor [8], livre que j’ai déjà évoqué dans mes articles précédents. Prenez par exemple la situation d’un agresseur avec un couteau, face à une victime non-armée. Tout bon entraineur doit marteler à ses élèves qu’une telle situation doit être à tout prix évitée. Le sprint reste la meilleure des options. C’est la première chose que j’ai appris en Cadena de Mano (art philippin accès sur le combat au couteau).

« Ne jamais rester pour se battre s’il y a une possibilité pour fuir. » Geoff Thompson [9]

Les alternatives par la communication

Le concept combat/fuite de Walter Bradford Cannon est encore aujourd’hui une référence largement utilisée dans l’univers de l’auto-défense. Toutefois ce concept a été critiqué car il apparaît comme étant trop simpliste. En effet, d’autres réponses sont employées dans le monde animal pour faire face à des situations de danger. Quelques exemples ;  le camouflage (changement de couleur du caméléon ou de la pieuvre), l’intimidation (gonflement pour les poissons de type diodontidae et tetraodontidae) ou la défense (la carapace de la tortue).

 

Pour l’homme, il apparait deux réponses supplémentaires qu’il a commun avec toutes les autres mammifères du monde animal : l’intimidation et la soumission [10]. En effet, des stratégies de communication plus complexes que la réponse combat/fuite peuvent être utilisées pour répondre à une situation de danger. Lorsque l’on parle de communication, il ne s’agit pas nécessairement de langage verbal. Bien au contraire, il s’agit davantage du langage corporel. Lors d’une conversation, selon la nature du message émis, le langage corporel peut tenir une place très importante dans la compréhension de ce message [11]. Dans le monde animal, le langage corporel a bien sûr une place prépondérante. Certains mammifères l’utilisent dans les rituels de domination, ce qui évite parfois l’affrontement au sein d’une même espèce pour assoir son ascendant sur les autres.

L’homme a également développé une cinquième réponse que lui seul est capable de mettre en oeuvre, la négociation, rendue possible par son langage prééminent. [10]

 

L’intimidation

Intimider un agresseur n’est pas une chose facile. D’autant plus, qu’un agresseur choisit sa victime, même de manière inconsciente, en fonction de ses avantages psychologiques et physiques qu’il projette sur elle. L’intimidation repose sur la menace, qu’elle soit verbalisée ou non, à passer à l’attaque. A mon sens, cela ne peut s’envisager seulement si l’on a les ressources (confiance en soi, en sa technique, et être capable de passer à l’action). L’agresseur doit comprendre qu’il a peut-être mal choisi sa victime et qu’il peut y laisser des plumes. [12]

L’intimidation fait aussi partie du rituel de domination et d’approche de l’agresseur. Le langage corporel de l’agresseur est déterminant dans ce rituel [13]. On parle ici d’un type d’agresseur qui n’est pas un prédateur, auquel cas il n’y a pas de rituel d’approche.

 

La soumission

Lorsque la menace et/ou l’agression sont trop importantes, la soumission devient la réponse adéquate. Elle peut se manifester de plusieurs manières. Par exemple, être mis au sol par un agresseur et subir une rafale de coup, vous met dans une position particulièrement dangereuse et contraignante ; se mettre en boule, position foetale, en protégeant ses organes les plus vulnérables et attendre que l’orage passe. Autre exemple, se faire menacer par un agresseur avec un couteau pour le vol d’un objet de valeur, la menace étant trop importante, mieux vaut coopérer, se soumettre et donner à l’agresseur ce qu’il désire en espérant que cela mette fin à la menace. [14]

 

La négociation 

Il s’agit ici de faire preuve de diplomatie. Trouver un terrain d’entente pour faire redescendre la tension et faire en sorte qu’aucunes des parties ne soient lésées. Toutes les fois où j’aborde cette thématique avec mes élèves, c’est cette réponse qui est majoritaire proposée. On essaie de discuter, de « calmer le jeu ». Même s’il est parfois difficile de mettre en place une négociation, c’est certainement la solution la plus intelligente et bienveillante car elle n’affecte aucune des deux parties, ni physiquement, ni psychologiquement. Le langage verbal et corporel est déterminant pour mener à bien une négociation. Or nous avons vu plus haut que la peur affecte nos capacités langagières. Le contrôle de soi et la gestion des émotions sont primordiaux.

On parle aussi de désescalade de la violence. Peyton Quinn, un expert américain en self-defense, a énoncé 4 règles permettant cette désescalade, elles impliquent de trouver un équilibre entre soi et l’agresseur [15] :

  • ne pas ignorer l’agresseur.
  • ne pas insulter l’agresseur.
  • ne pas provoquer l’agresseur, ni accepter ses provocations.
  • laissez une porte de sortie honorable à l’agresseur.

« La plupart des combats sont évitables. » Peyton Quinn

La légitime défense

La notion de légitime défense trouve très certainement ses origines aux prémices de l’humanité et de la vie en société. Cette notion est universelle et on peut la qualifier de droit naturel imprescriptible. Les hommes ont progressivement délégué ce droit naturel à l’Etat dont un des rôles fondamentales est d’assurer la sécurité de son peuple. [16]

Dans notre société moderne, la notion de légitime défense est une notion juridique. Cette notion, ou du moins son interprétation, évolue en même temps que la société. Nous vivons actuellement dans une culture non-violente, l’Europe est en paix depuis plus de 70 ans. Certes des crises ont été traversées et des épisodes de violences ont eu lieu, mais ces évènements sont d’une bien moindre mesure par rapport à une situation de guerre. De ce fait, ne pas commettre d’actes de violence est profondément ancré dans notre idéologie. [16]

Les lois sur la légitime défense de la plupart des pays vont d’ailleurs dans ce sens. La violence ne doit être utilisée qu’en dernier recours. Toute autre alternative est préférable à l’affrontement physique. Les critères sur lesquels reposent l’utilisation légitime de la violence dans le cas d’une agression font consensus. Face à une agression, la riposte physique ne peut se faire que si elle est immédiate, nécessaire et réciproque/proportionnelle.

 

Notre idéologie de la non-violence s’est retrouvée confrontée ces dernières années à une violence extrême : le terrorisme. Pour y faire face, les gouvernements ont mis au point des protocoles à destination des citoyens en cas d’attaques terroristes de type active shooter.

Le 4 décembre 2015, trois semaines après les attentats du 11 novembre 2015 qui ont frappé Paris, le gouvernement français a publié un vade-mecum à adopter en cas d’attaque terroriste : s’échapper, se cacher, alerter. Ce protocole français est en fait un copier/coller du protocole anglais paru 1 an plus tôt, en 2014 au Royaume-Uni : Run, Hide, Tell (courir, se cacher et dire). (voir affiche plus bas).

D’autre part, ce vade-mecum anglais n’est pas sans rappeler un autre protocole paru en 2012 aux Etats Unis. En effet, la ville de Houston au Texas, a mis en place un guide Run, Hide, Fight (courir, se cacher, combattre) pour survivre face à une attaque terroriste de type active shooter. Cette initiative de l’Etat du Texas a été relayée par plusieurs autres Etats américains et le FBI.

Nous venons de traverser plus de 70 ans de paix, depuis la fin de la seconde guerre mondiale (exceptées certaines crises sociales importantes). Cela fait donc approximativement 3 générations de personnes qui n’ont pas connu la violence, qui n’ont pas combattu [16]. Cela se fait ressentir dans ce vade-mecum « s’échapper, se cacher, alerter ». En aucun cas il n’est question de « combattre » pour survivre face à cette violence extrême, comme le préconise le « run, hide, fight » américain. Et pourtant, en dernier recours, si l’affrontement n’est plus un choix, mais bien une nécessité, le combat peut devenir la seule et unique solution. Il ne s’agit pas d’héroïsme, mais bien de survie qui rentre dans le cadre de la loi sur la légitime défense. Souvenez-vous de l’attentat déjoué du Thalys du 21 août 2015. Ce jour là, quatre passagers ont choisi l’option fight pour faire face à cette attaque terroriste… et le massacre a été évité.

« Combattre, courir et se cacher (Run, Hide, Fight) sont les trois stratégies de survie classiques. » Rory Miller [17]

Conclusion

Les 5 réponses présentées dans cet article ne doivent pas être considérées comme des choix, mais comme des solutions qui s’imposent d’elles mêmes selon le contexte. Plusieurs critères sont pris en compte pour déterminer, très souvent de manière inconsciente, la solution à adopter. Les réponses peuvent également se combiner et changer dans une même situation d’agression. Par exemple, on peut prendre la fuite, se faire rattraper par son agresseur et être obliger de combattre jusqu’à ce qu’une opportunité de fuite se présente à nouveau.

La réponse combat, bien qu’innée, instinctive, peut s’avérer difficile à mettre en oeuvre, même si elle est justifiée. Cette réponse doit toujours être envisagée en dernier recours. Ce ne doit pas être un choix, mais une nécessité. Ayez à l’esprit que devant un tribunal, il appartient à la personne qui invoque la légitime défense, a priori la victime de l’agression, d’en apporter la preuve. Pour les pratiquants de disciplines martiales, l’appréciation sera moins tolérante face à l’usage de la violence. Il s’agira de prouver que le recours à la violence était la seule solution possible et qu’il n’y avait pas d’esprit belliqueux de la part de la victime invoquant la légitime défense.

En définitif, pour se préparer au mieux à faire face à une situation d’agression, il faut s’intéresser à ce qu’il se passe avant l’agression (prévention), pendant l’agression (gestion de l’agression) et après l’agression (conséquences psychologiques, judiciaires…).


Source

[1] Bodily Changes in Pain, Hunger, Fear and Rage, p211, CANNON Walter Bradford, D. APPLETON Ad COMPAGNY, 1922

[2] www.brainimmune.com

[3] Psychologie du combat, p154, KAMAROV Konstantin, SYSTEMIK PROCESS, 2016

[4] Neurocombat, Livre1, Psychologie de la violence de rue et du combat rapproché, p1-11, JACQUEMART Christophe, FUSION FROIDE, 2012

[5] cairn.info

[6] Dead Or Alive: The Choice Is Yours: The Definitive Self-Protection Handbook, p82-86, THOMPSON Geoff, Summersdale Publishers, 2004

[7] Ibid. p73 et Neurocombat, Livre1, Psychologie de la violence de rue et du combat rapproché, p24 et p34, JACQUEMART Christophe, FUSION FROIDE, 2012

[8] Protegor – Guide pratique de sécurité personnelle, self-défense et survie urbaine, p178, MOREL Guillaume et BOUAMMACHE Frédéric, AMPHORA, 2017

[9] Dead Or Alive: The Choice Is Yours: The Definitive Self-Protection Handbook, p21, THOMPSON Geoff, Summersdale Publishers, 2004

[10] Neurocombat, Livre 2, Stratégie et communication pour la violence de rue, p118, JACQUEMART Christophe, FUSION FROIDE, 2015

[11] Ibid. p60-61

[12] Ibid. p121

[13] Ibid. p64-67

[14] Ibid. p123

[15] www.protegor.net 

[16] Youtube >Conférence sur la légitime défense Maître Thibaut de Montréal

[17] Meditations on Violence, A Comparaison of Martial Arts Training & Real World Violence, p31, MILLER Rory, YMAA Publication Center, 2008


 

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